Sénégal : ICS restructure sa dette et veut lever sa tutelle judiciaire | La Depeche du jour

Sénégal : ICS restructure sa dette et veut lever sa tutelle judiciaire

Sénégal : ICS restructure sa dette et veut lever sa tutelle judiciaire

Ouf de soulagement au sein des Industries chimiques du Sénégal (ICS), le numéro un local de la production de phosphates, d’acide phosphorique et d’engrais.

À l’issue de plus de deux ans de négociations, la myriade de prêteurs des ICS vient de trouver un accord sur un partage clair des sûretés de l’ensemble des créances du groupe industriel. Selon nos informations, elles représentent un passif total de 320 millions de dollars.

Réaménagement de la dette

Dans le cadre du droit OHADA, auquel adhère le Sénégal, la BICIS (Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Sénégal), filiale sénégalaise de BNP Paribas, a même été nommé « agent de sûreté », une sorte de mandataire, du groupe. Une première dans le pays.

Cette nomination est venue couronner la restructuration des multiples lignes de financements contractées au fil des ans, et dans différentes monnaies, par les ICS.

Le réaménagement de la dette va surtout mettre fin, en principe dans les prochains mois, au régime de concordat, sorte de tutelle judiciaire commerciale, sous lequel est placé le groupe depuis 2008, et qui l’empêche de contracter de nouveaux prêts sans l’accord de ses créanciers.

Avocats-conseils

La tâche était loin d’être simple. De sa création à sa prise de contrôle, en 2014, par le singapourien Indorama, les ICS ont été financés par de multiples établissements. À commencer par la BEI, la BOAD et l’AFD, conseillés par le cabinet Hogan Lovells dans la restructuration des créances des ICS. Plusieurs banques commerciales locales ont également apporté leur concours au groupe industriel : BICIS , CBAO (Groupe Attijariwafa Bank), Crédit du Sénégal, UBA et Banque islamique du Sénégal, accompagnées par les avocats de White & Case dans l’opération.

L’accord global qui a été trouvé entre tous ces établissements permet donc une clarification sensible du passif des ICS. Il doit maintenant être validé par la justice sénégalaise.

Les négociations entre les deux parties ont déjà permis, dès 2015, la mise en place au bénéfice du groupe industriel, de nouvelles lignes de financement de capital investissement (143 millions de dollars) et de fonds de roulement (de 20 millions et de 26 millions de dollars) par les banques partenaires d’Indorama : Axis Bank (Shanghai et Hong Kong ), ICICI Bank Limited (Singapour) et ICICI Bank UK Plc. Ce afin de pérenniser et développer l’activité des ICS.

En 2015, la production de phosphates des ICS a atteint 1 million de tonnes. Cette année, le groupe vise 1,8 million de tonnes.

jeuneafrique.com

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