Ouverture d’un centre cardiopédiatrique: Après le scandale du mediator, le groupe Servier « polit » son image au Sénégal | La Depeche du jour

Ouverture d’un centre cardiopédiatrique: Après le scandale du mediator, le groupe Servier « polit » son image au Sénégal

Ouverture d’un centre cardiopédiatrique: Après le scandale du mediator, le groupe Servier « polit » son image au Sénégal

Demain, mardi mardi 8 novembre, à 12 heures, en présence d’Olivier Laureau, président du groupe Servier, du Professeur Deloche, président de l’association La chaîne de l’espoir et de l’ambassadeur du Sénégal, Monsieur Bassirou Sene, le groupe Servier annoncera lors d’une conférence «un partenariat avec l’association La chaîne de l’espoir pour l’ouverture d’un centre cardiopédiatrique au Sénégal», rapporte le journal français Libération. Et de préciser que tout cela grâce, au fonds de dotation « Mécénat Servier ».

Un mécénat qui met dans l’enbarras, le Dr Irène Frachon de Bret, qui a été l’origine de la révélation du scandale du Médiator. « On ne sait s’il faut en rire ou pleurer. On dirait qu’ils n’ont rien compris », a réagi la pneumologue, tout en soulignant que le Mediator, produit phare du groupe Servier, mais reconnu dangereux, mortel et interdit, « a été largement enregistré et vendu au Sénégal ». En effet, c’est en 2010 seulement que le médicament a été interdit au Sénégal.

A propos de « La chaîne de l’espoir », partenaire du laboratoire français dans ce projet de centre de cardiopédiatrie, nos confrères français, soulignent qu’on ne peut qu’être impressionnée par son attitude. « A force de ne faire que de «l’humanitaire», qui plus est largement médiatisé, nos cardiologues vont pouvoir opérer, grâce à l’argent de Servier, les enfants sénégalais, dont certains parents ont, eux, pris du Mediator. La boucle est bouclée… », commente Libération.

A picture taken on November 18, 2010 in Brest, western France, shows pills and a box of Mediator drug for diabetic people, which is believed to have killed 500 people over three decades in France before it was banned last year Drug safety body Afssaps urged patients who used Mediator, a drug for overweight people with diabetes that was also used as an appetite suppressant, to see their doctors if they had taken it for more than three months. AFP PHOTO FRED TANNEAU

Le Mediator était indiqué en complément d’un régime et chez les diabétiques en surpoids. Jusqu’à son retrait, 145 millions de boîtes ont été vendues et plus de 5 millions de personnes en ont consommé.

Après son retrait dans plusieurs pays européens entre 1998 (Suisse), 2004 (Italie) et 2009 (France), le Sénégal a supprimé le visa du mediator en aout 2010. Et selon le directeur de la Pharmacie et des laboratoires le Professeur Pape Amadou Diop, cité par Walfadjiri (12 avril 2011), ce médicament a été effectivement commercialisé dans notre pays, mais sa prescription ne faisait pas légion, surtout au niveau du Centre Mark Sankalé, structure de référence dans la prise en charge du diabète. C’est plutôt, dit-il, au niveau du privé que la prescription de ce médicament se faisait.

Il est impossible de donner le bilan exact des morts imputables au Mediator. Une étude de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de l’épidémiologiste Agnès Fournier, portant elle sur la période 1976-2009 (début et fin de la commercialisation du Mediator) et publiée en février 2012, chiffre le bilan à 1 300 morts et 3 100 hospitalisations, précisant qu’« il s’agit vraisemblablement d’une sous-estimation ».

Jotay.net

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