Nouveau parfum de scandale à l’IAAF: Pape Massata Diack, Pamodzi Sports Consulting et les 3,5 milliards de dollars du Qatar | La Depeche du jour

Nouveau parfum de scandale à l’IAAF: Pape Massata Diack, Pamodzi Sports Consulting et les 3,5 milliards de dollars du Qatar

Nouveau parfum de scandale à l’IAAF: Pape Massata Diack,  Pamodzi Sports Consulting et les 3,5 milliards de dollars du Qatar

La pétromonarchie du Golfe a-t-elle acheté ses Mondiaux d’athlétisme ? Des virements décelés par le fisc américain tendent à le démontrer, révèle « le Monde ».

Le petit émirat du golfe Persique refait parler de lui. Car aux parfums de scandale qui auréolaient déjà les conditions d’attribution des Mondiaux de hanbdall 2015 et du Mondial de football 2022… viennent s’ajouter de lourds soupçons sur les Mondiaux d’athlétisme que Doha accueillera en 2019.

Pour attirer la discipline reine des Jeux olympiques sur son sol, le Qatar pourrait bien avoir fait tourner la planche à billet. « Le Monde » révèle en effet ce vendredi d’intrigants virements bancaires décelés par le fisc américain. Opérés quatre jours avant un vote crucial, ces transferts colossaux (près de 3,5 milliards de dollars) émis par un fond d’investissement de l’Etat qatari (Oryx Qatar Sports Investments) ont de quoi surprendre.

Empêtrés dans de colossales affaires

La transaction remonte à 2011. A cette époque, la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) planche sur l’attribution des Mondiaux d’athlétisme 2017. Cette année là, Doha perd face à Londres. Mais la capitale qatarie obtient ceux de 2019.

Le bénéficiaire de ces virements opaques de l’Etat qatari n’est autre que Pamodzi Sports Consulting, une agence de marketing sportif… détenue par le sulfureux Sénégalais Papa Massata Diack… fils de Lamine Diack. Pour rappel, tous deux sont empêtrés dans de colossales affaires de corruption liées au sport. Le père, Lamine, est l’ancien président de l’IAAF. Il est depuis un an mis en examen pour « corruption » et « blanchiment aggravé ». Le fils, lui, est soupçonné d’avoir couvert, monnayant de l’argent, plusieurs cas de dopage dans l’athlétisme russe.

Des soupçons qui se confirment

Les révélations du « Monde » résonnent avec celles du « Guardian » en décembre 2014. Le quotidien britannique affirmait alors être en possession de mails dans lesquels, en 2011, Papa Massata Diack demandait le paiement de 5 millions de dollars. Mais à l’époque, admettait le journal : « Il [était] difficile de déterminer si ce paiement [avait] été effectué ou non ». Les découvertes du fisc américain semblent indiquer que oui.

Ni la famille Diack, ni le fonds d’investissement qatari n’ont souhaité répondre au « Monde ». Mais ces révélations devraient entacher encore davantage une attribution déjà controversée.

En 2014, lorsque le Qatar se voit attribuer l’organisation des Mondiaux d’athlétisme, la nouvelle passe mal : « C’est incompréhensible que, après tous les problèmes autour du Mondial 2022 de football et du Mondial 2015 de handball, le monde de l’athlétisme ait choisi le Qatar », réagit Helmut Digel, membre du conseil de l’IAAF et ancien président de la fédération allemande.

D’autant qu’une lettre, légale, a été distribuée aux membres du jury deux jours avant le vote : la pétromonarchie du Golfe s’y engage à verser à la fédération 32 millions d’euros en sponsoring et en droits télévisuels avec sa chaîne BeIN Sports. Et, « elle a eu un impact énorme, si près du vote », admet Helmut Digel.

Source: nouvelobs.com

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