Nouha Cissé aux combattants du MDFC: « Nous sommes au 21ème siècle, dans un monde d’échanges » | La Depeche du jour

Nouha Cissé aux combattants du MDFC: « Nous sommes au 21ème siècle, dans un monde d’échanges »

Nouha Cissé aux combattants du MDFC:  « Nous sommes au 21ème siècle, dans un monde d’échanges »

L’historien Nouha Cissé, observateur averti de l’évolution du conflit casamançais, a invité dimanche à Birkamanding, siège de plusieurs bases rebelles, les combattants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, rébellion) à accepter les projets étatiques dans la zone des palmiers pour favoriser vers le développement.

‘’Nous ne sommes plus au 18ème siècle. Personne ne souhaite ici vivre de la manière de nos aïeux il y a 200 ans. Nous sommes au 21ème siècle dans l’ère de la communication et dans un monde d’échange’’, a-t-il lancé devant un groupe de combattants du MFDC, accusés de bloquer les projets étatiques dans la zone.

Il prenait part à une rencontre jugée ‘’inédite’’ avec plusieurs combattants du MFDC, les populations de la zone des palmiers et d’autres acteurs concernés, à l’initiative du Groupe de réflexion pour la paix en Casamance (GRPC) dirigé par l’ancien ministre Robert Sagna.

Sous une tente dressée pour la circonstance sur la place publique de ce village entouré d’une douzaine de bases rebelles et connu pour son refus d’accueillir les projets étatiques, Nouha Cissé a défendu devant les combattants la nécessité de s’ouvrir pour assurer le désenclavement de cette zone frontalière avec la Gambie et où les structures socio-économiques de base sont quasi inexistantes.

‘’Pourquoi vous refusez que l’Etat construise des pistes de production dans une zone pleine de potentialités, alors que sans infrastructures de base vous êtes enclavés et marginalisés ?’’, s’est interrogé l’historien sur un ton ferme.

‘’Avec ce refus, vous maintenez cette zone dans cette situation de désenclavement. Même la ligne téléphonique est connectée au réseau d’un pays voisin. Faites preuve d’ouverture pour permettre à cette riche localité de se développer. Nous ne pouvons plus faire comme avant’’, a insisté Nouha Cissé devant plusieurs chefs de village, des imams et des rebelles.

‘’Nous vivons dans un monde de compétition qui n’admet pas de médiocres. La zone des palmiers est une zone déshéritée et une zone de pauvreté. Mobilisez-vous pour la paix en Casamance’’, a ajouté Robert Sagna avant de se retirer avec les combattants pour une audience privée de 16h à 20h.

Le conflit casamançais, marqué par des centaines de victimes civiles et militaires, connaît une certaine accalmie depuis cinq ans environ, après des pics de violence dans les années 1990.

Mis à part des attaques d’éléments isolés ça et là, suivies très souvent d’opérations de ratissage de l’armée sénégalaise, ce conflit semble connaît un processus de paix engagée à partir des années 2000 par l’Etat et le MDFC, ce qui a permis le retour de milliers de personnes déplacées et la reconstruction de villages rasés ou désertés.

APS

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