L’Apr appelle les Sénégalais à « résister » contre l’«offense » de Wade | La Depeche du jour

L’Apr appelle les Sénégalais à « résister » contre l’«offense » de Wade

L’Apr appelle les Sénégalais à « résister » contre l’«offense » de Wade

La sortie fracassante de l’ancien président du Sénégal, samedi à Paris, continue de défrayer la chronique et de susciter des réactions. Elle a même eu le don de sortir de son mutisme la direction de la Délégation en France de l’Apr (parti au pouvoir), très avare en communication.

Hier, les responsables de toutes les structures parti, accompagnés de plusieurs militants et de leur allié du PS, ont fait face à la presse hier pour recadrer Abdoulaye Wade dont les propos sur l’hymne national sont interprétés comme une « offense » à la République.

La représentation en France de l’Alliance pour la République (Apr, parti au pouvoir au Sénégal) a mis à profit la journée fériée du 1er novembre pour monter sur ses grands chevaux et se lancer à l’assaut d’Abdoulaye Wade. Le prétexte : la sortie tonitruante de l’ancien président sénégalais, samedi 29 octobre à Paris, au cours de laquelle il a notamment galvanisé ses partisans en leur appelant à « résister » face à « l’oppression » du régime de celui qui l’a battu à la présidentielle de 2012.

Mais, hier, au siège de l’Apr à Boulogne, près de Paris, le coordonnateur Demba Sow, flanqué des responsables de toutes les structures (cadres, femmes, jeunes) de la Délégation de France, mais aussi de l’allié socialiste et des dizaines d’autres militants, a surtout insisté, dans sa déclaration solennelle à la presse, sur un autre aspect du discours de Wade : ses propos sur l’hymne national.

L’ancien président sénégalais, appelant tous les Africains à s’approprier l’hymne africain qu’il a « confectionné », et qui a d’ailleurs été chanté pour l’accuillir dans la salle, samedi, déclarait ceci à propos de l’hymne de son pays qu’il a dirigé pendant douze ans :

Il nous a vendu des airs de campagne de promotion de produits français (…) A l’indépendance, il nous a vendu ce qui est devenu l’hymne du Sénégal. J’ai plusieurs fois essayé de susciter des discussions sans trop expliquer ce qu’il y avait derrière, parce que je pensais simplement que les Sénégalais arriveraient à comprendre que ce que nous chantons avec enthousiasme est une chanson du Moyen Age français, qui a été empruntée par un des grands magasins du 19e siècle (…) On nous l’a vendue, on l’a achetée et on la traîne encore (…) Un hymne doit traduire un sentiment profond d’engagement, d’unité. C’est un cri de ralliement de tout un peuple. »

Pour les partisans de Macky Sall en France, ces propos, jugés « offensant » par certains, sont indignes d’un ancien président de la République.

« C’est une déclaration inopportune, décalée », recadre d’entrée le chargé de communication de la Délégation de France de l’Apr, Moise Sarr. « Ce sont les symboles de la République qui ont été attaqués » insiste-t-il.

Avant de lancer subtilement cet appel aux Sénégalais : « quand on tourne en dérision notre hymne national, tout républicain, tout démocrate, qu’il soit de son camp ou pas, mais dès l’instant qu’il est entièrement sénégalais doit pouvoir réagir. »

« Quel que soit le compositeur de l’hymne, en disant que c’est un aventurier, nous ne pouvions pas ne pas réagir (…) Ce qui nous unit C’est la république c’est la République », appuie Demba Sow, le coordonnateur du parti en France.

Samedi, les conférenciers de l’opposition sénégalaise, qui accompagnaient Abdoulaye Wade, avaient également à tour de rôle soutenu que la démocratie et l’état de droit ont « reculé » sous le magistère de Sall. Ils ont notamment égrené une longue liste d’opposants qui ont été traqués et emprisonnés depuis l’élection de l’actuel chef de l’Etat, tout comme ils ont évoqué les nombreuses interdictions (ou tentatives) et répressions de manifestations de l’opposition.

L’Apr- France préfère ironiser en opposant le bilan du pouvoir actuel.

« Comme les faits sont têtus et les chiffres parlent d’eux-mêmes, nous sommes totalement à l’aise pour discuter sur l’état de la démocratie au Sénégal qui aujourd’hui est saluée par tout le monde ; une démocratie apaisée, renforcée où les droits sont respectés, où les projets et réalisations sont partout visibles. », souligne Moise Sarr.

Pour ensuite laisser Demba Sow charger :

« De mars 2012 à maintenant, il ne peut rien être reproché à la démocratie sénégalaise si n’est qu’elle s’est renforcée (…) Nous sommes à l’aise pour répondre à Abdoulaye Wade et dire que les deniers publics, les ressources nationales, n’ont pas été saccagés, que la résistance ne sied pas au Sénégal, l’un des rares pays stables et sécurisés (…) C’est parce que Maître Abdoulaye Wade a voulu dévier, décomposer la république et la démocratie du Sénégal, en faisant la dévolution monarchique du pouvoir, en voulant instituer le quart bloquant (…) les raisons qu’Abdoulaye Wade a avancées le 29 octobre, ce sont les mêmes raisons qui lui ont fait quitter le pouvoir par le suffrage universel en 2012 par 65% des voix. »

Un peu plus tôt, il avait entamé son propos en renvoyant Wade à la retraite : « après 40 ans d’exercice politique au Sénégal- il appartient à l’histoire du Sénégal- je pense qu’il est maintenant temps qu’il rejoigne le musée politique et démocratique du Sénégal. » « Nous avons tout ce qu’il faut pour qu’il reste dans la paléontologie préhistorique du Sénégal », insistera-t-il plus tard.

En conclusion, Demba Sow l’ancien président Wade à méditer sur cette sagesse africaine :

« Quand on prend le chemin de si je savais, on arrive au village des regrets. » « Il est dans le village des regrets, qu’il y reste et nous laisse », raille le coordonnateur de l’Apr- France.

Avant que son allié du Parti socialiste, Doudou Diouf, paraphrasant un vers de l’hymne nationale du Sénégal, ne baisse le rideau sur Wade : « nous allons dissiper les ténèbres dans lesquels il a plongé le Sénégal. »

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