Hollande-Valls : brouille au sommet | La Depeche du jour

Hollande-Valls : brouille au sommet

Hollande-Valls : brouille au sommet

Il y a de la nervosité au sein du couple exécutif. Les confidences de François Hollande dans le livre « Un président ne devrait pas dire ça » ont provoqué l’incompréhension et la stupéfaction de Manuel Valls comme de l’ensemble des socialistes.

Le Premier ministre s’en est ouvert sans concession, mardi, lors du dîner qui réunit, chaque semaine, autour du Président quelques-uns de ses plus proches soutiens politiques.

Le ton est monté entre les deux hommes. Un participant parle de «recadrage» de François Hollande envers Manuel Valls. Il est vrai que la nature et la formule du livre auquel a participé le Président ne correspondent en rien à l’idée de l’exercice du pouvoir que se fait le Premier ministre, plus soucieux de réserve et de gravité en ce qui concerne la gouvernance.

Mais au-delà de ces critiques, il y a aussi chez Manuel Valls le souci des prochaines échéances électorales. Et notamment de la présidentielle. Jusqu’à présent, il misait sur une nouvelle candidature de François Hollande. Il avait même son plan de bataille élaboré avec le Président et le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. «D’ici la décision de Hollande, il faut défendre le bilan, expliquait-il devant quelques journalistes à Matignon, il y a une dizaine de jours. Au fur et à mesure qu’on se rapprochera de l’élection, la situation va se décanter et le candidat de la gauche ne sera pas à 12 %. L’objectif est que la gauche de gouvernement se reconstitue à l’aune de la droite. La primaire de la gauche peut provoquer ce mouvement.»

Et quand on lui demandait qu’est-ce qui pourrait faire remonter la popularité de Hollande, Valls répondait : «Lui.» Il comptait alors sur les capacités de candidat du Président. Mais après la publication du livre, Hollande s’est plutôt enfoncé. Et il devient de plus en plus difficile à Valls de le soutenir totalement, même s’il n’entend pas déroger à sa loyauté envers le Président, et s’il n’a pas l’intention de démissionner. Mais à l’image de nombreux socialistes, y compris des «hollandais», il pense qu’une nouvelle candidature de François Hollande est bien compromise.
Or tant que le Président n’a pas fait connaître sa décision, Manuel Valls ne peut se mettre officiellement sur les rangs de la course à l’Élysée alors que des élus du PS commencent à citer de plus en plus son nom pour relever le flambeau. D’ici le mois de décembre, période à laquelle Hollande fera connaître son choix, la tension n’est pas près de retomber entre les deux hommes.

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