Eloge de la démocratie américaine* (Daouda N’DIAYE) | La Depeche du jour

Eloge de la démocratie américaine* (Daouda N’DIAYE)

Eloge de la démocratie américaine* (Daouda N’DIAYE)

« La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » (Abraham Lincoln). Cependant, comme Henry Ford « la démocratie dont je suis partisan, c’est celle qui donne à tous les mêmes chances de réussite, et ensuite à chacun selon sa capacité ». C’est-à-dire, elle (la démocratie) « devrait assurer au plus faible les mêmes opportunités qu’au plus fort » (Gandhi).

1. Confirmant sa démocratie séculaire, le peuple américain dans sa grande majorité a porté, il y a quelques jours à la magistrature suprême Donald Trump en prouvant si besoin était, que seul le peuple est souverain dans ses décisions. Le tollé de certains après cette élection, serait sans doute, la confirmation que « la démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes » (Wiston Churchill).

2. Loin de cautionner les discours haineux, les dérives et dérapages verbaux ou, les écarts de langage de Donald Trump durant la campagne électorale. Tout comme, nous refusons et condamnons, la mise à l’index de certaines communautés voire, l’augmentation actuelle du nombre d’incidents, d’actes ou de crimes racistes ou, islamophobes commis par des illuminés fous, depuis son élection. Notre propos ne porte non plus sur ses propositions politiques, mais constaterait simplement que dans une démocratie, une élection c’est la liberté de choisir et, de voter pour son candidat.

3. Dans une société démocratique, la souveraineté appartient au peuple qui seul peut décider de son destin. Et, Donald Trump élu, président des Etats-Unis, le confirme en faisant mentir bien des sondeurs, commentateurs, ou technocrates qui sont loin des souffrances ou, ressentis du peuple. Ce qui tend, encore, à montrer que, des facteurs endogènes (ou même exogènes), sous considérés, ou sous-estimés, ou encore sous évalués, dont les causes prennent pourtant, racines dans le vécu des populations silencieuses, peuvent modifier substantiellement des prévisions électorales.

4. Par une campagne de dénigrement ou de discrédit, tout en faisant fi de toute analyse objective de la situation quotidienne des américains, et de l’état réel du climat politique. Beaucoup de commentateurs et experts politiques ne voulaient croire au réel potentiel démocratique populaire, pensant, quelque fois par démagogie, pouvoir conditionner le vote des électeurs. Comme nombre d’observateurs, nous avons été aveuglés par des sondages tronqués et, par des analyses orientés, pour décrier au maximum et, abuser gravement le peuple.

5. Ainsi, nous avions fortement adoubé Hilary Clinton sans même nous soucier du peuple souverain. En n’ayant pas voulu voir le désespoir, la souffrance, les difficultés ou, la misère d’une grande partie de la population, surtout lassée de l’establishment ; les éditorialistes, journalistes, sondeurs et oligarques ont préféré mettre en avant leur propre vision (la pensée unique). En espérant certainement par sublimation orienter les votes, et (re)dessiner leur Amérique.

6. Pourtant, un peuple mesure son bien-être, ou ses capacités de résistance à l’aune de ses possibilités quotidiennes de vie ou de survie, cela oriente très souvent ses décisions politiques, lorsqu’elles ne sont pas faussées. Le rêve vivifie l’existence de la personne, la peur l’effraie, l’isole et l’annihile. Dès lors que le peuple américain pense vivre mieux, ou estime que ses intérêts seront mieux défendus et plus préservés par le président Donald Trump. Qu’il ait moins d’expériences que la candidate démocrate Hillary Clinton (la candidate du système), selon nous,n’a pas beaucoup d’importance. Etant donné que, les électeurs qui ont massivement voté pour lui, seront les premiers à subir les conséquences de leurs choix.

7. Lorsque certains commentateurs ou, hommes politiques français font la critique du choix de Donald Trump, nous croyons rêver. Parce que, selon nous, la démocratie française aussi avancée qu’elle soit, n’est en rien comparable à celle de l’Amérique. Pour causes, dans la période contemporaine, Baraque Obama ne pourrait jamais être élu président de la République française. De même Ilhan Omar (l’américaine d’origine somalienne élue députée), qui affiche sa religion musulmane ne pourrait en aucun cas y être candidate et, élue députée. C’est dire, la seule démocratie qui vaille est celle des USA. Démocratie dans laquelle, être juif, catholique ou musulman, n’est ni un privilège, ni un handicap, ni une tareencore moins un frein pour progresser économiquement, socialement ou, politiquement.

8. En Afrique lorsque des présidents s’accrochent au pouvoir depuis plus d’une décennie, traficotent des élections, enferment ou font disparaitre des opposants politiques, ou encore emploient tous les moyens pour y demeurer. Quelque fois, voire très souvent d’ailleurs avec la complicité bien vaillante d’une certaine presse, des notables, ou des autorités morales, sociales, politiques et/ou religieuses. Avec pareille situation, nous serions mieux inspirés, d’essayer de trouver des remèdes à cette réalité, que de nous engager par suivisme, dans des critiques, sur le choix du peuple américain. C’est-à-dire à vouloir remettre en cause la quintessence même de l’expression démocratique.

9. A notre avis, sauf pour les africains qui vivent en Amérique, nous devrions plus nous méfier de nos dirigeants que de Donald Trump. Parce que, ceux-ci avec leurs faux airs de pusillanimes requinqués, avec une dialectique mielleuse pour endormir. Mieux encore pour tromper, lorsqu’ils convoitaient le pouvoir, se présentent aujourd’hui en tout domaine sous un visage, pire que celui de Donald Trump, en campagne. Le président MackySall est l’archétype de notre description.

10. Que dire encore, du « sallocrate » (MackySall) qui initie et/ou encourage fortement la transhumance politique, qu’il dénonçait naguère, ou les scandales financiers en tout genre, et à répétition que nous croyons être révolus, avec son élection. De plus, dans son sens le plus profond, nul démocrate ne peut accepter de nommer plus de 35% des membres d’une institution (Haut Conseil des Collectivités Territoriales « HCCT »),censée représenter le peuple et, prendre des décisions en son nom. Certes c’est la loi, c’est pourquoi, démocrates et légalistes, nous reconnaissons, bien volontiers cela. Cependant, nous ne sommes aucunement tenus d’acquiescer sans relever que, seul un autocrate peut cautionner une telle loi, la faire voter et s’en glorifier.

11. Comment comprendre, dans un pays pauvre comme le nôtre, le président de la République dispose mensuellement, d’une cagnotte d’au moins 5 milliards de nos francs, comme budget de fonctionnement, dont il use et abuse à volonté (telle est la situation financière du Palais durant l’année 2016 et, sans doute en 2017 aussi). Des fonds politiques ou plutôt des fonds publics, sur lesquels aucun compte n’est réclamé, ni rendu. Etre démocrate ne se décrète pas, et ne se présume pas, c’est une culture, une conviction, un comportement et plus généralement un état d’esprit fondé concrètement sur des actes, notamment, le respect de la légalité républicaine, le rejet de toute forme de clientélisme, ou de favoritisme.

12. Nous ne saurions conclure sans relever une fois encore, que le Chef de l’Etat est plutôt « sallocrate » que démocrate. Pour causes, cette mascarade sciemment entretenue, autour de l’élaboration et, la confection desnouvelles cartes d’identité nationales biométriques, communément appelées cartes d’identité CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), censées servir pour les prochaines élections législatives 2017. Engagés, sournoisement dans un processus de report de ces élections, MackySall et son gouvernement, adoptent une posture très indolente, comme pour décourager les futurs électeurs, en ne les confectionnant qu’au compte-goutte, pour plus de 5 000 000 d’électeurs. Et, le rythme de leur délivrance (ou d’ailleurs de leur non délivrance) prouverait, qu’ils s’inscrivent dans une perspective de report des élections législatives de 2017. Parce qu’en si peu de temps, tous les électeurs ne pourront faire établir leurs cartes d’identité et les recevoir, pour voter.

13. Un autre facteur tendrait à confirmer cette volonté d’ajournement desdites élections législatives. De notre point de vue, vouloir faire élire par nos compatriotes de la Diaspora leurs députés et, une avancée démocratique certaine. Donc, une loi si importante et de surcroît novatrice, à moins qu’elle ne soit pas prise comme telle par l’exécutif. A défaut de faire consensus, demande néanmoins réflexions, concertations, débats et discussions approfondis au sein de l’hémicycle, avant d’être votée. Présentement, si le calendrier républicain devait être respecté, le fait que les lois organiques devant régir les futurs députés de la Diaspora, ne soient pas à l’ordre du jour très immédiat de l’Assemblée Nationale. Permet de les suspecter (MackySall et son gouvernement), de vouloir reporter les prochaines élections législatives de 2017, étant donné que, le travail législatif, nécessaire à l’adoption de cette loi, ne pourrait être fait très consciencieusement.

Daouda N’DIAYE
Juriste/Analyste politique
* Article dédié à Salimata NDONG

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