A dix jours du scrutin, Hillary Clinton aux portes de la Maison-Blanche | La Depeche du jour

A dix jours du scrutin, Hillary Clinton aux portes de la Maison-Blanche

A dix jours du scrutin, Hillary Clinton aux portes de la Maison-Blanche

La candidate devance Trump dans la plupart des Etats-pivots susceptibles de faire basculer l’élection. Elle reste toutefois tributaire de la mobilisation des minorités, notamment noires et latinos, qui ont largement redessiné la carte électorale ces dernières années.

Mercredi, Hillary Clinton a fêté ses soixante-neuf ans avec optimisme. Elle a tweeté une photo d’elle, enfant, souhaitant un « joyeux anniversaire à cette future présidente ». Les internautes ont à peine réagi : à en croire les sondages égrenés depuis la rentrée, la candidate a déjà gagné. Elle devance désormais son adversaire Donald Trump dans la quasi-totalité des « swing states », et a commencé à forcer la porte de bastions républicains comme l’Arizona ou le Texas.

Une avance nationale dans les sondages de près de 10 points

Les derniers sondages la créditent désormais d’une avance nationale de près de 10 points sur son rival, qui ne s’est jamais vraiment relevé des dérapages qui ont émaillé sa campagne depuis l’été – depuis ses attaques contre la famille d’un ancien combattant musulman , jusqu’à la diffusion d’une vidéo dans laquelle il tient des propos obscènes sur les femmes, ou son refus de reconnaître les résultats des élections en cas de défaite. A moins de deux semaines du scrutin, même les marchés refusent de croire à un coup de théâtre façon Brexit. « C’est très tentant de faire un parallèle, mais il y a bien plus de différences que de similitudes », estime Jan Hatzius, l’économiste de Goldman Sachs qui souligne qu’« au Royaume-Uni, les sondages étaient beaucoup plus serrés ».

Des minorités essentielles à sa victoire

À LIRE AUSSI
L’élection présidentielle américaine : comment ça marche ?
Reste toutefois une inconnue de taille pour la candidate : l’ampleur de la mobilisation des minorités. Celles-ci sont essentielles à sa victoire mais elles sont aussi traditionnellement les moins enclines à se rendre aux urnes. Les deux prétendants ont passé une partie de la semaine en Floride, le plus gros « swing state » avec ses 29 grands électeurs, pour courtiser l’électorat latino. Trump, qui n’a quasiment aucune chance de l’emporter sans la Floride, y dépense des sommes record en spots télévisés, tandis qu’Hillary Clinton est apparue mardi soir dans une émission populaire de la chaîne hispanophone Univision, où elle a expliqué adorer la cuisine mexicaine. Avant de mettre le cap sur la Caroline du Nord, où elle devait s’adresser à la communauté noire avec Michelle Obama.

l
La carte électorale redessinée

L’électorat n’a jamais été aussi cosmopolite qu’en 2016.
« L’électorat n’a jamais été aussi cosmopolite qu’en 2016, affirme le Pew Research Center dans une étude récente. Cette année, près d’un électeur sur trois sera hispanique, noir, asiatique ou issu d’une autre minorité, contre un sur cinq en 2000 ». En Floride, mais aussi en Arizona, au Nevada, au Colorado ou au Nouveau Mexique, la croissance des minorités est de fait en train de redessiner la carte électorale à vitesse grand V. Si les « blancs » représentent encore 70 % de l’électorat américain, leur part ne cesse de décroître. Dans quatre ans, ils seront ainsi minoritaires chez les moins de dix-huit ans.

Une aubaine pour Clinton

Ces changements démographiques, couplés à la rhétorique xénophobe de Trump, sont une aubaine pour la candidate. « Ces transformations ont des conséquences politiques majeures puisque les blancs ont majoritairement voté pour des candidats républicains depuis 1964, explique Will Frey, démographe pour le Brookings Institue. Les minorités tendent au contraire à voter démocrate ».

Il est toutefois encore un peu tôt pour que les démocrates crient victoire. En 2012, moins de la moitié des latinos et des asiatiques se sont rendus aux urnes, contre 64 % pour les blancs et 67 % pour les noirs. « Les latinos et les asiatiques ont souvent plus de mal avec le processus de vote, qui reste compliqué », explique Will Frey. Dans certains Etats, la candidature de Trump aurait toutefois provoqué un bond des inscriptions sur les listes électorales, comme en Californie où celles-ci sont deux fois plus nombreuses qu’en 2012. Les associations latinos affirment avoir aussi assisté à une hausse des demandes de régularisation de la part de clandestins souhaitant acquérir la nationalité américaine pour pouvoir voter.

Les Echos

Reagissez à cet article

Your email address will not be published.